revue EPIC 19 : prendre le temps de voir
Premier numéro de la nouvelle formule trimestrielle. Trois portfolios publiés en long, Juliette Pavy au Groenland, François Le Guen dans un hameau d'entraide, Joakim Möller entre la rue et le rêve, et une invitation simple : s'asseoir et regarder.
Il n'y a pas d'âge pour réapprendre à vivre. On dirait même qu'on ne fait que ça, toute sa vie. Repartir. Recommencer. Respirer à nouveau.
— FRANÇOISE SAGANOn s'est encore lancés dans un nouveau défi. Encore une idée de génie, tiens !
Vous le voyez, vous le sentez, vous le mesurez peut-être : revue EPIC a perdu quelques pages… mais elle paraît désormais quatre fois par an au lieu de deux. Un calcul d'apothicaire, c'est vrai, mais qui va nous permettre de vous présenter davantage de sujets dans les prochains mois. Davantage d'histoires lentes et désénervées, si vous m'autorisez l'expression, qui continueront à nous ouvrir les yeux sur ce monde si, si… pffff. Pardon, je n'ai pas les mots. Nous ouvrir les yeux, ou parfois simplement nous permettre de les reposer.
On dira qu'en passant au rythme trimestriel, on accélère. Mais c'est pour mieux ralentir ! Mieux repartir, en somme. Et cette idée douce et un peu folle, on la retrouve chez les trois photographes dont les histoires composent les pages de ce numéro.
Dans un hameau à l'écart des villes, François Le Guen a pris le temps, des années, de photographier ceux que nos dispositifs laissent au bord de la route. Là-bas, au rythme des récoltes et des bêtes, on réapprend à vivre, à son pas, sans que personne ne compte les jours.
Au Groenland, où chaque logorrhée de Donald Trump attire les caméras du monde entier, Juliette Pavy peaufine un long travail d'observation depuis 2022. Elle ne photographie pas la menace, mais la manière dont elle s'infiltre dans le quotidien, et dresse le portrait d'un pays étouffé par les convoitises de ses voisins.
Quant à Joakim Möller, il glane dans la rue des riens (la mousse d'un café, un cheveu, un reflet), puis les assemble en diptyques et triptyques mystérieux, jusqu'à faire basculer le réel dans la fiction. C'est une façon de recommencer le monde avec ce qu'on trouve sur un trottoir. Time isn't holding us, dit-il : le temps ne nous retient pas. C'est peut-être bien lui qui a raison.
Alors respirez. Vous avez tout l'hiver.
— Jean-Matthieu GautierAu sommaire, à feuilleter
Chaque sujet avec son chapô et ses doubles pages, respirations comprises.On Thin Ice
Juliette PavyAu Groenland, là où la glace se fragilise : entre influence politique et dérèglement climatique. Quatre fois la France, 57 000 habitants, et depuis janvier 2025 le centre du monde. Juliette Pavy se rend au Groenland depuis 2022, à toutes les saisons, pour photographier non pas les jours de sommet mais ce qui reste quand les caméras repartent : des barils de fioul qui rouillent depuis 1941, un sauna où se parle la politique, des chiens devenus instruments diplomatiques.







La Longue Saison
François Le GuenCertains lieux ne figurent sur aucune carte mais il demeure possible de venir y chercher un point d’appui. Dans un hameau dont il a choisi de taire le nom, François Le Guen a partagé pendant trois ans la vie d’une communauté qui accueille sans condition celles et ceux que l’existence a laissés à la marge. La Longue Saison n’est pas un reportage. Mais le fruit d’une présence lente et d’images rendues à ceux qui les ont permises. C’est une réflexion sur ce que photographier engage lorsque l’on entre dans la vie des autres.







Le temps ne nous retient pas
Joakim MöllerDes figures en mouvement, des noirs intenses, ténébreux, gorgés de magie et de mystère. Des transformations : une aile qui devient arbre, des oiseaux qui se font hommes. Le monde que nous offre à voir Joakim Möller est à la fois familier et étrange, peuplé de personnages énigmatiques, d’êtres de passage. Un film noir à débobiner soi-même, pour mieux en imaginer les possibles dénouements.







Kwame Brathwaite
par Damien RouéL’homme qui a donné un visage au « Black is beautiful ». Tout le monde connaît le slogan. Presque personne ne connaît le photographe. Dans le Harlem des années 1960, Kwame Brathwaite a fait de son Hasselblad et de sa chambre noire des outils politiques. Il a imposé une image de la beauté noire que la presse et l’industrie de la mode refusaient alors de montrer.




Il était trois fois l’enfance
la sélection de livres photo d’Agathe KalfasAu même titre que l’exposition, le livre photo s’est imposé comme un terrain de création à part entière : un objet intime que l’on feuillette à sa guise, où les images reprennent forme. Pour ouvrir cette première sélection, le thème de l’enfance, ce temps merveilleux et suspendu : trois livres et trois façons de la raconter, tantôt poétique, engagée ou humoristique.


Les auteurs
Juliette Pavy
ON THIN ICE · @juliettepavyNée en 1996, elle découvre l'Arctique comme étudiante en biologie avant d'y revenir comme photographe. Diplômée de l'EMI-CFD, cofondatrice du collectif Hors Format, elle travaille pour Le Monde, Libération, The Guardian ou The Atlantic. Photographe de l'année aux Sony World Photography Awards 2024, autrice de Spirals (Four Eyes Editions, 2025), lauréate du prix Françoise Demulder 2023.
François Le Guen
LA LONGUE SAISON · @francois_leguenArchitecte de formation, il est passé du bâti aux vies qui l'habitent. Depuis 2023, il photographie un hameau isolé de Provence où une communauté accueille, sans condition ni limite de temps, des personnes en rupture. Prix du public et Prix du jury à Pierrevert, finaliste des prix QPN et RPBB, Grand Prix Photo Sociale 2026. Exposé au Château d'Eau à Toulouse, monographie aux éditions Filigranes.
Joakim Möller
LE TEMPS NE NOUS RETIENT PAS · COUVERTURE · @moller_joakimNé en 1999, il vit et photographie à Stockholm. Venu de la photographie de rue en 2017, il construit un noir et blanc tranché où la lumière, l'ombre et les interstices de la ville composent des scènes réelles et étrangement suspendues. Sa signature : les diptyques. En 2026, Fotografiska Stockholm lui consacre sa première exposition personnelle, Time Isn't Holding Us, titre de sa monographie (Setanta Books).
LES PLUMES DU NUMÉRO
Agathe Kalfas
ENTRETIEN F. LE GUEN · BON À TIRERDirectrice artistique et consultante en photographie (AK Whispers), membre du comité éditorial de revue EPIC depuis 2021.
Éléonore Simon
ENTRETIEN J. MÖLLERPhotographe et autrice franco-américaine, membre de UP Photographers et du comité éditorial de revue EPIC. Cinq ans à photographier Valparaíso ; publiée dans Reclaim the Street (Thames & Hudson).
Damien Roué
ZOOM PHOTOTRENDFondateur et rédacteur en chef de Phototrend.fr, partenaire de la revue. Il signe le Zoom consacré à Kwame Brathwaite.
Jean-Matthieu Gautier
ENTRETIEN J. PAVYDirecteur artistique et rédacteur en chef de revue EPIC. Photographe pour M Le Monde, Libération et L'Obs.
Portraits D.R. ; Agathe Kalfas © Mathias Benguigui / Pasco
Une couture qui se voit, et c'est voulu
Depuis ses débuts, revue EPIC revendique une reliure dite à couture apparente : le fil qui assemble les cahiers reste visible sur la tranche, d'une couleur différente à chaque numéro.
Ce n'est pas un défaut de fabrication, c'est un choix. La revue s'ouvre entièrement à plat et offre de vraies doubles pages, sans qu'aucune image ne se perde dans le pli.


Sur les écrans, pour offrir des pauses
revue EPIC n'est pas hostile aux écrans : elle y est chaque semaine. Ses rendez-vous numériques font découvrir des photographes ; la revue papier est la pause qu'ils annoncent.
Visuels presse
Images reproduites entières, sans recadrage, avec le crédit et la mention « revue EPIC 19 ».
On Thin Ice




La Longue Saison




Le temps ne nous retient pas




Contact presse
Jean-Matthieu Gautier, directeur artistique et rédacteur en chef jeanmatthieu@revueepic.fr 07 87 16 11 88190 × 270 mm · 140 pages · papier 135 g
20 € le numéro · 20 €/trimestre · 80 €/an
Maison EPIC, Lancieux