Moins vite, plus loin.
DE CEUX QUI PRENNENT LE TEMPS DE COMPRENDRE
Tout s’accélère.
Les machines comprennent plus vite que nous, produisent plus vite que nous, répondent plus vite que nous. Ce n’est pas une menace — c’est simplement ce qui arrive. Et c’est même utile, souvent.
Mais il y a un endroit où la vitesse n’a jamais eu de sens.
On ne comprend pas une vie humaine plus vite en l’analysant plus vite. On n’est pas davantage bouleversé par une image parce qu’on l’a vue plus tôt que les autres. Ressentir, comprendre, se laisser traverser par une histoire vraie — ça n’a jamais demandé de rapidité. Ça demande du temps, et de l’attention, et rien d’autre.
revue EPIC tient cet endroit-là.
Pas contre les algorithmes, pas contre les machines, pas contre rien. Simplement à côté. Un espace qui n’a pas besoin de suivre le rythme du monde, parce que ce qu’on y fait ne s’est jamais mesuré en vitesse.
Nous ne sommes pas une revue de photographie. Nous sommes une revue documentaire — et notre langage, c’est l’image. Des photographes partent des mois, parfois des années, pour rapporter une histoire que personne d’autre n’ira chercher. Nous leur donnons l’espace que plus personne ne leur donne. 184 pages, sans publicité, sans urgence.
Ce que vous faites en nous lisant compte davantage que ce que nous publions.
Vous prenez le temps de comprendre plutôt que de réagir. Vous laissez une histoire vous traverser jusqu’au bout, sans la couper, sans passer à la suivante. Vous reposez la revue, vous la reprenez. C’est un geste simple, mais c’est un geste rare.
Et c’est ce geste qui vous relie aux autres lecteurs d’EPIC. Pas le papier. Pas les photographies. Le choix de ralentir suffisamment pour comprendre.
Nous sommes de ceux qui prennent le temps de comprendre.
Nous sommes de ceux qui préfèrent comprendre à réagir.
Nous sommes de ceux qui savent que certaines choses ne se font pas plus vite.
BIENVENUE CHEZ EPICTrois voix qui nous accompagnent
Il est possible que, par l’attention aux choses menues, très simples, très pauvres, je trouve peut-être ma place dans ce monde. »
— Christian Bobin
C’est beau d’avoir connu l’ombre sous le feuillage, et d’avoir senti l’âge ramper sur le corps nu, accompagné la peine du sang noir dans nos veines, et doré son silence de l’étoile Patience.
— Emily Dickinson
Assis sur le même seuil, les mots de ma langue maternelle me saluent de la main. Je les déplace avec lenteur, comme elle le faisait de ses ustensiles de cuisine.
— Vénus Khoury-Ghata